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 Antoine Bataille

Crescent Hôtel

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sept 2017

Francis Plisson et le festival « Ecoute Voir » à Tours

 

A la marge des institutions, le chorégraphe indépendant Francis Plisson vient de présenter la septième édition du Festival Ecoute Voir. Une manifestation qui vaut œuvre en elle-même, dans l’art de vivifier les marges.

Vu de Paris, du point de vue de la danse, qui pense Tours pense Centre chorégraphique national, aujourd’hui dirigé avec succès par Thomas Lebrun. C’est bien légitime. En marge de quoi, on se demande ce que peut signifier le festival Ecoute Voir, avec ses trois soirées pas plus, qui ne met sur la table qu’un budget artistique de 14.000 euros. Pourquoi s’entêter ainsi ? Il fallait aller y musarder.

Ce samedi 12 janvier, en milieu d’après-midi, cela signifiait de se faufiler dans un quartier excentré, commune de La Riche. Là, non sans mal, deviner le chemin de la Chapelle Sainte-Anne. On en est récompensé. Sous les voûtes médiévales, les frises sculptées, niche une galerie d’art, soigneusement indépendante. Les sculptures d’Olivier de Sagazan, sépulcrales, redonnent au lieu sa dimension sacrée. Rappelant des momies, ces œuvres ont le pouvoir obscur et fascinant de donner vie à des visions fantasmatiques de dépouilles mortuaires.

Cela n’est pas rien, dans un festival inspiré par un chorégraphe, Francis Plisson : la question des corps, leur mode de présence, sera partout avivée. On retrouvera plus tard Olivier de Sagazan, d’une toute autre façon, très percutante (cf. ci-dessous). L’heure est d’abord au recueillement, quand dans la salle voûtée du sous-sol, le quatuor Watt égrène les notes tenues strictement, jusqu’à l’infini, hors toute mélodie, de quatre clarinettes. C’est plonger dans la vibration pure.

Quatuor Watt © Rémi Angeli

Le festival Ecoute Voir – son nom l’indique – tient beaucoup à la musique. Une certaine musique. Tours est le siège du Petit Faucheux, trente ans cette année, haut lieu de référence pour le jazz d’improvisation et d’exploration. Il y a là un milieu ouvert, curieux, tenté par toutes les expérimentations. Un milieu qui accueillit d’emblée le chorégraphe Francis Plisson quand il opéra son retour dans sa ville d’origine : « On me le déconseillait, il y avait le CCN, Daniel Larrieu, on m’expliquait que je n’arriverais pas à me faire ma place ».

Le sens, les sens, s’accordent plus en profondeur. Dans sa jeunesse, Plisson était autant musicien que danseur. Plus tard affecté par une perte progressive de l’ouïe, la question du son le passionna d’autant plus. A une époque où on n’imaginait pas qu’un spectacle de danse s’accompagnât autrement que sur bande magnétique, il eut pour manifeste de « ne plus jamais concevoir une chorégraphie qui ne soit accompagnée par des musiciens en direct ».

Quand les danseurs de Larrieu débarquaient de Paris en TGV, juste le temps de leurs répétitions, Plisson était « le seul danseur dans la ville ». Puis ceux de Bernardo Montet, successeur de Larrieu au CCN, eurent tendance à s’implanter. Un Vincent Dupond a élu Tours pour siège de sa compagnie. De son côté, Plisson travaillait patiemment avec les étudiants du SUAPS. Aujourd’hui il y a bien plus qu’un danseur dans la ville.

Gaëlle Gueranger – Isabelle Duthoit © Rémi Angeli

Fini le concert à la Chapelle Sainte-Anne, il faut courir pour enchaîner à la chapelle du Petit Saint-Martin. Laquelle dépend de l’Ecole des Beaux-Arts. Le festival Ecoute Voir active un chapelet de lieux pour un cheminement dans le multiple en ville. « Je ne me suis jamais soucié de conduire une analyse du public du festival. Je n’en ai d’ailleurs pas les moyens. Je constate simplement que ces divers lieux sont pleins, de publics diversifiés. Beaucoup de spectateurs viennent sans trop savoir à quoi ils vont assister. Pas mal, non ? » apprécie Francis Plisson.

Au Petit Saint-Martin, dans la poussière entre sculptures et moulages d’un atelier de restauration d’oeuvres d’art, une danseuse (Gaëlle Gueranger) et une vocaliste (Isabelle Duthoit) se rejoignent. Deux jours auparavant ces deux artistes ne se connaissaient pas. C’est le principe de cette rencontre. Tous risques compris. On est abasourdi d’apprendre que la chanteuse est de tradition classique à l’origine. Cet après-midi, elle fait vivrer ses cordes vocales à l’état brut, et c’est un vertige savant pour orchestrer des râles quasi sauvages, dans une improvisation qui sonne en écorchures ciselées.

Olivier de Sagazan © Rémi AngeliAu soir venu, le joli théâtre du Petit Faucheux – sans lequel rien de tout ça ne pourrait se produire – fait découvrir Olivier de Sagazan sur scène. Le plasticien de la Chapelle Sainte-Anne n’est plus un jeune homme. Il fait vivre une séquence qui semble directement issue de l’histoire de la performance, en détruisant l’apparence de son corps sous des couches de matière glaise, qu’il torture jusqu’à la monstruosité. L’action est radicale, extrême, même si elle en reste à une forme d’exposition en objet clos. Il y a tant de force dans l’implication de ce corps, qu’on se prend à songer que trop souvent la danse semble se résigner à n’être qu’un petit art qui bouge.

Cette longue soirée de pérégrination se poursuit au Volapük, autre lieu indépendant, voué à l’accueil d’artistes de la scène, en recherches. Les spectateurs devront à nouveau avoir le goût de l’aventure, pour suivre le témoignage littéral de Thibaud Croisy dans sa rencontre avec un adepte de pratiques sadomasochistes entre hommes. On pourrait penser qu’en montrant ce spectacle, Francis Plisson a songé à déplier encore une autre facette, extrême, dans les problématiques du corps. C’est plus subtil. Aucun acteur ne se produit dans la pièce de Thibaud Croisy ; tout se donne par le biais d’un enregistrement de conversations entre l’artiste de le maître dominateur.

On en revient, toujours, àu rôle du son, de la parole, tels qu’ils se chargent d’une part des mouvements du corps, pou toucher celui des spectateurs. Francis Plisson se souvient de la façon qu’avait son grande-père, au moment de réfléchir, au moment d’expliquer, au moment de montrer, de l’inviter à « écouter voir ». C’était son expression. Toute simple. C’était l’amorce de tout un rapport au monde. Tissé à hauteur d’homme.

Gérard Mayen

Festival Ecoute Voir : 12 au 14 janvier 2017, Tours

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10 juin 2016 -  lecture  du   poème mbo de Gérard Haller par Gérard Haller

….. En La Chapelle Sainte Anne lecture de Gerard Haller par Gerard Haller , une suite d’une cinquantaine de minutes : Mbo…. de la poésie en prose, lente glissade universelle à la probable recherche d’un nouveau Noé, qui ne viendra pas.

Par Didier Pilot

concert ANIMA string trio

En La Chapelle Sainte Anne ce soir, beau concert du ANIMA string trio,
violon/contrebasse/violoncelle pour un programme construit en majorité avec des
pièces écrites par Alain Grange, mais aussi Pierre Léger ( le superbe morceau  » Loire »), dans un style contemporain flirtant par touches mesurées avec l’expérimental, le tout sous l’influence dans la forme, de Bartok, Stravinsky, Shoenberg, dans le fond du nécessaire désir d’inspirer des images, des sensations ; une alternative rusée au sempiternels trios de cordes prévisibles et conditionnés par les coutumes et les règles ; une belle affaire propre à ce produire devant tout type de public. Nous avons adoré…. pas mal d’artistes dans l’audience, toutes pratiques confondues. Merci Annie et
Christian.

Par Didier Pilot

 

 exposition Bernard Ouvrard – Yoann Penard – Olivier de Sagazan

Indre-et-Loire -La Nouvelle République                                                       -                                Exposition

Désir… Désirs souffle aussi à La Chapelle Sainte-Anne

10/05/2016 05:38
Les créatures difformes, parfois mutilées, du sculpteur Yoann Penard souffrent. « La société engendre les monstres qu'elle mérite », dit-il. - Les créatures difformes, parfois mutilées, du sculpteur Yoann Penard souffrent. « La société engendre les monstres qu'elle mérite », dit-il.                                                                   Les créatures difformes, parfois mutilées, du sculpteur Yoann Penard souffrent. « La société engendre les monstres qu'elle mérite », dit-il.                                            

Les peintures de Bernard Ouvrard s'exposent en grand et petit formats. - Les peintures de Bernard Ouvrard s'exposent en grand et petit formats. - (Photos NR, Hugues Le Guellec)                                                               Les peintures de Bernard Ouvrard s'exposent en grand et petit formats. - (Photos NR, Hugues Le Guellec)                                        

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Les créatures difformes, parfois mutilées, du sculpteur Yoann Penard souffrent. « La société engendre les monstres qu’elle mérite », dit-il.

Dans le cadre du festival Désir… Désirs, la galerie tourangelle accueille trois artistes qui font souffrir les corps. Une exposition intensément troublante.Jusqu’au 22 mai, la galerie d’art contemporain La Chapelle Sainte-Anne accueille une exposition collective dans le cadre du festival de cinéma Désir… Désirs.

Une exposition à trois têtes qui envahit l’espace du lieu. Magique, troublante, voire dérangeante, l’exposition est signée du peintre Bernard Ouvrard, du sculpteur Yoann Penard et du performeur vidéaste Olivier de Sagazan. Ici, les visages, les corps sont parfois mutilés, vides, sans expression, transformés, maltraités. Chacun à leur façon, les trois artistes parlent de souffrances : « La société engendre les montres qu’elle mérite », assure ainsi Yoann Penard. « L’exposition, commente Philippe Perol, le fondateur de Désir… Désirs, s’intègre à merveille dans la thématique du festival, la solitude et les questions de genre. Tous les désirs différents conduisent parfois à des solitudes extrêmes. » A voir, notamment, cette étonnante performance de 17 minutes d’Olivier de Sagazan dans laquelle l’artiste se transforme à l’infini à l’aide d’argile et de couleurs crues vers une transformation ultime et totale. Une vraie prouesse artistique, physique et intellectuelle. Vendredi 13 mai à 20 h 30, toujours à la Chapelle Sainte-Anne et toujours dans le cadre de Désir… Désirs, Thomas Gaubiac met en voix « L’Harmonie (mes bras n’étreignent que du vent) », « un spectacle burlesque dépressif ». (5 € et 8 €, réservations au 02.47.37.10.99).

Delphine Coutier

 

Exposition : Richard Laillier

extrait  de  » MIROIR DE L’ART   »

Richard Laillier à la Chapelle Ste Anne           

Voici l’article publié dans le dernier Miroir de l’Art sur le travail de Richard Laillier actuellement visible à La Chapelle Ste Anne à Tours (37), jusqu’au 31 décembre, et à la galerie Lanzenberg à Bruxelles.

De la nuit initiale – ce noir profond du pigment – il gratte chaque particule d’obscurité afin d’en extirper les secrets enfouis, gomme ici et là le voile fuligineux et révèle, à force de patience et d’obstination, des ombres tremblotantes, telles les lueurs de bougies effrayés par le moindre courant d’air, qui sur le papier frémissent d’une vie nouvelle – une sorte de résurrection. « Il gratte, recouvre, estompe les vagues géologiques du bas du tableau. Doux frottage. Recouvrement, effacement, ponçage. Il peigne le tableau comme une chevelure » écrit Pierre Antoine Villemaine. Il scrute la surface obscure à la recherche de ces vies oubliées dont personne n’a eu vent, ces vies perdues dans une nuit profonde comme une fosse commune.

Peut-être extirpe-t-il ainsi de la gangue opaque « Quelque chose de l’Enfer », pour reprendre le titre d’une pièce montée en 2007, avec Isabelle Horovitz et Pascal Fleury, une pièce pour deux danseurs d’après la Comedia et la Vita Nuova de Dante. Richard Laillier, providence des âmes égarées ? Oui, sans doute, comme nombre d’artistes qui, en créant, ravivent le souvenir de celles et ceux qui ne sont plus, de celles et ceux qui ne sont pas en mesure de se défendre, de donner de la voix, de crever le rideau couleur suie de l’injustice.

« Il a le sentiment d’avoir perdu une chose inconnue. Il est à la poursuite de cette perte, espère la confondre », pour citer encore Pierre Antoine Villemaine. Richard Laillier ne cède pas, et avec une rage rentrée, force le papier à lui rendre ce qui a été pris, à restituer les âmes enfouies. Ce faisant, au cœur de son travail irradie une lumière venue d’un au-delà indistinct et inconnu. Lumière trouble, dont la présence même est une énigme. Lumière blafarde, presque surnaturelle, qui crève les ténèbres et vient glisser dans le regard du spectateur quelque lueur d’espérer. Lumière sourde, qui secoue la poussière d’une forme vague, nébuleuse, d’un spectre mouvant encore à moitié absorbé par les couches sombres…

Le monde est à un trou noir auquel l’artiste a réussi à arracher contre toute logique quelques précieuses parcelles de lumière…

 

Richard Laillier à la Chapelle Ste Anne
Au cœur de l'univers de Richard Laillier    

Au cœur de l’univers de Richard Laillier

C’est donc le film de Vladimir Vatsev intitulé « Corpus », tourné sur l’artiste Richard Laillier, qui a obtenu le Grand Prix du Marché International du Film sur les Artistes Contemporains, dimanche 13 septembre, au Mans. Retour sur un film qui a fait l’unanimité.

Dès le début du film, nous approchons au plus près de l’artiste, dans une pénombre un peu mystérieuse, au cœur de l’atelier, une pénombre semblable au fond à ses dessins à la pierre noire. Hantées par la voix chaude de Richard Laillier, les images révèlent un travail exigeant, fait d’effacements, travail inlassablement recommencé. Elles montrent surtout un personnage attachant qui se confie avec infiniment de pudeur, en mots choisis qui démontrent qu’en même temps qu’il est un grand dessinateur, il est un grand poète. Avec ce portrait intimiste d’un artiste inclassable, Vladimir Vatsev a su saisir l’essence même d’un homme, et l’on reste pendant l’heure que dure le film sous le charme d’une personnalité trop méconnue sans doute. Ce film permettra, je l’espère, de convaincre davantage d’amateurs d’art de son grand talent.

Toute l’équipe du film après la remise des Prix, devant la Salle des Concerts du Mans

Toute l’équipe du film après la remise des Prix, devant la Salle des Concerts du Mans

 

Exposition Roselyne Guittier - Jacques Guittier

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Exposition T.LÉO - 6 juin > 5 juillet 2015 / prolongée jusqu’au 12 juillet

- photographe: Pierre Fuentes

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Photographe : Sandra Daveau

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Summerland, exposition de Cécile Ravel 11/04>10/05 /2015 -prolongée jusqu’au 12 juillet

-Nouvelle République

 » Summerland  » à la chapelle

La nouvelle exposition de la chapelle Sainte-Anne habite littéralement le lieu. Elle le hante presque. Jusqu’au 10mai, l’artiste Cécile Ravel a installé son projet Summerland dans la galerie si singulière qu’est la chapelle Sainte-Anne.D’ailleurs, cette installation globale, Cécile Ravel l’a pensée et conçue pour la chapelle. Déjà invitée de la galerie tourangelle, dans le cadre de Désir… Désirs notamment, l’artiste s’est imprégnée de l’atmosphère, de la configuration et de l’âme du lieu pour créer un univers, son Summerland dans lequel on peut rencontrer des créatures, mi-homme mi-animal, des Veilleurs à l’affût. On retrouve ces Veilleurs (fusain sur pap ier) tout au long de l’exposition. L’artiste ne s’attache pas à un seul média : vidéos, masques, dessins, création sonore… De la cave aux combles, les créatures et les ambiances de Summerland se sont approprié chaque espace. Le visiteur entre littéralement dans l’univers de l’artiste : il se balade dans cette forêt fantasmagorique, celle filmée par Cécile Ravel, caméra à l’épaule. Une vraie expérience. Jusqu’au 10 mai à la chapelle Sainte-Anne, square Roze, Tours. Ouverture les vendredi, samedi et dimanche de 14 h à 20 h et sur rendez-vous. Tél. 02.47.37.10.99.Accédez à l’intégralité de cet article sur www.lanouvellerepublique.frperformance du 11/04/2015pour lire cette vidéo copier/coller le lien ci-dessous

 

 

 

 

 

 

 

 

Y’en a qui se prennent pour des grille-pains (extrait)

création de la compagnie Rag Bag

Amélia Bréchet – auteure, interprète

Messaoud Bouzid – compositeur, interprète

pour voir des extraits du spectacle copier/coller les liens ci-dessous

https://youtu.be/46wgVxACa6Y

 

https://youtu.be/6rrYk_QZJMs

 

 

Regards sonores

Métamorphoses du passé composé

Catégorie                                 Culture

                                Article écrit par Laurent Geneix
Le 23.02 – à 07h43

voir les articles écrits par cet auteur                                Télécharger le PDF

Relectures d’hiver

C’était l’expo du week-end à Tours, peut-être même l’expo de l’année en terme de ratio fréquentation/jour : la rencontre hautement improbable et désormais si évidente entre deux plasticiens tourangeaux, le photographe Philippe Lucchese et le peintre François Pagé. Les Tourangelles et les Tourangeaux s’y sont rendus par centaines et jusqu’au dernier moment, ce dimanche soir tard.

La Chapelle Sainte-Anne est ce lieu magique, caché dans un coin (dans un angle pour être précis) de notre banlieue ouest, à la frontière entre La Riche et Tours. Une ancienne chapelle, donc, qui vous accueille discrètement (on l’a d’abord cru fermée, ce dimanche soir vers 20h) avec quelques bougies à l’extérieur, son feu de cheminée à l’entrée, ses rideaux noirs, son confortable canapé et son éclairage jalousement gardé par les œuvres dispersées sur ses différents murs et ses nombreux recoins.

Trois jours seulement pour assister à cet instant unique qu’est la rencontre entre deux artistes autour d’un thème peu commun : la revisite décomplexée de tableaux de maîtres et de grandes thématiques de l’histoire de l’art, de la mythologie greco-romaine au nu, en passant par le paysage, par deux artistes jouant avec les codes, les références et jusqu’aux titres des œuvres, comme avec de la pâte à modeler, le sourire malicieux d’une main, la palette ou l’appareil de l’autre.

«Nous avons été très étonnés du succès de cette exposition, déclare un Philippe Lucchese encore frais malgré ce marathon de 72 heures, la grande majorité des visiteurs découvraient la Chapelle Sainte-Anne et un certain nombre ont avoué ne pas fréquenter beaucoup ni les galeries, ni les musées et s’être laissé tenter par ce thème

Un succès populaire assez inattendu, même si tout le monde sait que nous vivons dans une ville dont le talon d’achille est l’absence de lieux dédiés aux lieux d’exposition d’arts plastiques, du coup, il vaut mieux en profiter quand l’occasion se présente. Lumineuse, parfaitement orchestrée par d’autres maîtres (ceux des lieux), cette exposition proposait l’air de rien une petite leçon d’histoire de l’art, capable de séduire le plus néophyte des novices comme le plus pointilleux des pointus.

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«Nous avons pu échanger avec des gens peu habitués aux expositions qui s’y sont retrouvés par les références plus ou moins explicites à des toiles de maîtres, mais aussi avec des spécialistes qui semblent avoir apprécié nos démarches», s’enthousiasme Philippe Lucchese.

Avec maîtrise et humour, François Pagé fait entrer dans son univers de grands espaces fixés en plans larges, aux couleurs souvent acidulées, des personnages égarés, motifs de différentes époques, et questionne le processus de création artistique tout en faisant entrer tour à tour le spectateur, la muse, la maîtresse du peintre dans des tableaux qui du coup semblent vivants. Aussi éculé soit-il, c’est pourtant le mot «décalé» au sens propre des heures bénies où la futilité ne s’était pas encore emparé de lui, qui semble le mieux définir l’approche de Pagé : on navigue en territoire connu, mais sans y être tout à fait. Ce qui trouble et enchante à la fois.

Philippe Lucchese quant à lui extirpe des postures de tableaux classiques, les fait rejouer à ses modèles et les recontextualise avec une totale liberté, jouant par là-même aussi avec le feu de la relation tumultueuse entre peinture et photographie, qui semble s’être apaisée aujourd’hui.

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Ces formes et ces silhouettes connues, avec lesquelles on vit depuis si longtemps, semblent se balader sans distinction d’une toile de Pagé à une photographie de Lucchese, à tel point qu’on a parfois l’impression qu’ils échangent leur place de l’une à l’autre sitôt que l’on tourne le dos, comme pour se jouer avec malice de nos certitudes et de nos trous de mémoire. «J’ai déjà vu ce tableau, c’est sûr, mais où ? Et quand ?» La grande réussite de cette exposition c’est aussi ça : une dérangeante incursion dans nos histoires personnelles, ces musées parcourus, ces cimaises oubliées, ces expositions fantasmées, ces corps et ces visages universels qui nous habitent malgré nous, à différents degrés, ancrés ici et là dans les méandres de nos pérégrinations.

Un degré en plus

http://www.37degres-mag.fr/pdf/4071

Philippe Lucchese / François Pagé

Nouvelle république jeudi 19 février 2015

 radeau chapelle

Le photographe, Philippe Lucchese et le peintre François Pagé ont revisité à leur manière « Le Radeau de la Méduse » de Géricault mais aussi les œuvres d’autres grands peintres. – dr

Le temps d’un week-end, le photographe Philippe Lucchese et le peintre François Pagé exposent à la Chapelle Sainte-Anne, à Tours. Unique et éphémère.

Encore une fois, la Chapelle Sainte-Anne sait nous émerveiller et faire des propositions artistiques originales. Ce week-end, la galerie d’art accueille l’exposition double de François Pagé et Philippe Lucchese. Les deux artistes (le premier est peintre ; le second, photographe) proposent leurs Regards croisés sur la Méduse et autres chefs-d’œuvre. Les trois étages de la sublime galerie seront féconds des œuvres, parfois très grandes (« Le Radeau de la Méduse » de Philippe Lucchese est tiré en 1, 50 sur 1 mètre ; une fresque de François Pagé fait, elle, 3×3 m) des deux artistes qui, pour cette exposition éphémère, ont voulu travailler avec leurs différents médias, sur l’histoire de l’art. Ils donnent ainsi une interprétation personnelle d’œuvres de Géricault mais aussi d’Ingres, Poussin, David, Goya, Botticelli ou encore Khalo. Au total, une cinquantaine de pièces sont présentées pendant ces trois jours.

C’est court, trois jours. Les heures d’ouverture de la Chapelle se sont distendues en conséquence. On peut profiter de l’expo de 10 h à 22 h. Bonheur.

Chapelle Sainte-Anne, square Roze, Tours. Ouvert les vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 février de 10 h à 22 h. Entrée libre. Tél. 02.47.37.10.99.

 

 

 ART VIDEO III« Art Vidéo 3 à La Chapelle Sainte Anne
Les expositions nocturnes, j’adore. Arriver vers 23h à la Chapelle Sainte Anne c’est une récréation. S’installer au centre du monde dans le concept de Georges Paumier avant de rencontrer un visage dans les nuages flottant dans le ciel de Didier Laget, puis entrer dans la… vie d’Héléna Fin, si juste, si humaine avant d’errer au sous-sol dans des univers disparates et déroutants. L’horaire nocturne privilégie une autre perception des œuvres, un plaisir inédit, la flânerie aussi au filtre du flottement noctambule. On accumule des images et des sensations et l’on se doute bien qu’elles serviront de matière à rêver quand l’heure sera venue de s’endormir enfin, vers le matin. »Doc Pilot

 

 

 

10 réflexions au sujet de « voir,revoir, entendre, lire »

  1. Merci pour votre accueil généreux. C’est vraiment chouette de trouver des gens qui vivent leur enthousiasme BRAVO A tout bientôt Ursula

  2. Merci pour votre accueil et la satisfaction de découvrir
    de telles et belles créations.
    ci joint ma messagerie pour l’envoi de votre programmation.
    Merci

  3. Bonsoir,
    Avez vous à disposition à La Chapelle « l écarté le ment mélancolique « d Anna Maria Cutolo…?
    Vous pouvez me répondre par sms mail ou tel.
    Magnifiques soirees ce weekend ,pleines de raisonnances ,de sérénité ,de plenitude de « Là Maintenant » et de lien tout en liberté. Merci à vous.
    la

  4. Bonjour,

    Je m’ appelle Armand Delaval, je suis un contrebassiste tourangeau (notamment au sein du Gipsy Jukebox et du Scratchophone Orchestra) et je vous ai découvert grace au trio Ceccaldi qui sont venus jouer chez vous à l’ été dernier.

    J’ ai créé très récemment un duo avec la (très douée) chanteuse nantaise « Mood » (ici en duo avec Ronan Courty https://youtu.be/8LhRTy255qc ) et nous cherchons au débotté un lieu pour jouer le jeudi 26 ou le vendredi 27 novembre (dans seulement 3 semaines!) dans les environs de Tours.
    Le duo s’ appelle Xochipilli, c’est un mélange de compositions et d’improvisations très libres. voici de quoi écouter; https://soundcloud.com/xochipilli-545330369
    Je suis en train de me renseigner pour avoir un soutien de l’ association Cultur Bar’bar qui aide les petites salles de concert ponctuellement lors d’ une programmation définie… ca peut bien simplifier la donne…

    Croyez vous que quelque chose est possible chez vous à l’une de ces dates?
    Merci d’ avance pour votre réponse!

    Armand pour Xochipilli
    06 70 49 67 34
    armand.delaval@yahoo.fr

  5. Bonjour,

    Je m’ appelle Armand Delaval et je suis un contrebassiste tourangeau (notamment au sein du Gipsy Jukebox, ou du Scratchophone Orchestra) et je vous ai découvert grace à Veronique LP qui est une amie et que je suis venu voir jouer chez vous il y a quelques temps.

    J’ ai créé très récemment un duo avec la très douée chanteuse nantaise « Mood » (ici en duo avec Ronan Courty https://youtu.be/8LhRTy255qc ) et nous cherchons un lieu pour jouer le jeudi 26 ou le vendredi 27 novembre (dans 3 semaines!) dans les environs de Tours.
    Le duo s’ appelle Xochipilli, c’est un mélange de compositions et d’improvisations très libres. voici de quoi écouter; https://soundcloud.com/xochipilli-545330369
    Je suis en train de me renseigner pour avoir un soutien de l’ association Cultur Bar’bar qui aide les petites salles de concert ponctuellement lors d’ une programmation définie… ca peut bien simplifier la donne…

    Croyez vous que quelque chose est possible chez vous à l’une de ces dates?
    Merci d’ avance pour votre réponse!

    Armand pour Xochipilli
    06 70 49 67 34
    armand.delaval@yahoo.fr

  6. Bonjour
    Toujours un vrai plaisir de découvrir les artistes que vous exposez dans votre lieu si incroyable. Vous est il possible de me rajouter dans votre liste de contacts afin que je reçoive la programmation
    Bien à vous et merci
    Emmanuelle

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