Art VIDEO III

Sébastien Thomazo

Exploration poétique, visuelle et sonore

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Ce qu’il en reste (Souvenir de Chisinau)

 

Technique : peinture murale, technique mixte

Chisinau-Rennes,2013 – 2014 Production: Les Ateliers du Vent

Ce qu'il en reste (Souvenir de Chisinau) © Sébastien Thomazo (Crédits photos: Estelle Chaigne, Vadim Hincu)

Ce qu’il en reste (Souvenir de Chisinau) © Sébastien Thomazo (Crédits photos: Estelle Chaigne, Vadim Hincu)

Sébastien Thomazo : J’ai réalisé un collectage de déchets (tickets, emballages)de tous les participants du workshop Quelles sont nos ruines?

Ce qu'il en reste

Ce qu’il en reste

et j’ai demandé aussi à chacun de dessiner un bâtiment de Chisinau sur un des supports collectés. L’ensemble a servi à la création, de retour en France, d’une longue frise, un paysage qui a pour titre « Ce qu’il en reste ».

Cet assemblage constituant une sorte de ligne d’horizon de 5, 80 m de long montre la ville de Chisinau, comme un travelling. Pour réaliser cette frise, j’ai collecté auprès de tous les participants au workshop des déchets de papiers – tickets de bus, papiers de paquets de cigarettes, voire même papiers trouvés par terre, que j’ai mis dans un gros sac. Quand je dis « Ce qu’il en reste », c’est parce que cet assemblage-là, je ne l’ai fait qu’une fois revenu en France. Le vrai titre de l’œuvre, c’est « Souvenir de Chisinau ». Comme une carte postale que j’aurais pu ramener de la Baule ou de Ouagadougou… Le fait est que j’ai re-dessiné avec tous ces morceaux, tous ces rebuts, les souvenirs que j’avais de la ville. Ce n’est donc pas une transcription directe, d’après nature. Certains bâtiments sont ceux de Chisinau, mais la majorité est une impression de ce que sont ces bâtiments-là, donc une reconstruction par la mémoire à partir de papiers qui auraient dû aller à la poubelle. C’est une interprétation personnelle qui implique les déchets des uns et des autres pour parvenir à la création d’un objet très dynamique

Erick Deroost

Step by step ( Pise – 4’24″ )

Singing on the roof ( 3’10″ )

François Joly

Caméra oscura

Xavier Oliviero

Pipe line

Heijin Park

French Cancan et Courses de chevaux

Georges Paumier

Vous êtes le centre du monde!

Image

 Patricia Osses

Concert pour bâtiment transposé 12′ 17″

musiciens: Daniela Paciello, Guilherme Faria

« On dirait une fable :  transporter un immeuble entier à une centaine de mètres de son emplacement d’origine.

Un bâtiment devait être détruit pour que l’autre, exactement pareil, puisse exister; leurs voix peuvent assumer le timbre d’un violoncelle.

Effectuer la première action dans le nouveau bâtiment, avant qu’il ne soit occupé

Effectuer la deuxième action dans l’ancien  bâtiment quelques instants avant sa destruction

Le concert se passe finalement dans la vidéo quand les musiciens/bâtiment/ instruments sont sur des écrans parallèles, unis par l’omniprésence invisible d’un piano »

Nikolas Chasser Skilbeck

Light Clouds

Bridge, birds, field

S’inventer en artiste, c’est avant tout savoir prendre position par un choix d’écriture, un choix aux déterminations sans nombre, d’un suffocant degré d’intrication, entre le spécifique et le générique, entre nouveau, reprise, référence. Nikolas Chasser-Skilbeck, lui, a posé ce principe de ce qu’il nomme “Plan-Tableau” au cœur de sa pratique de vidéaste, un choix a priori d’ordre technique, mais qui entraîne des réalités sensibles fortes pour le spectateur. A priori, Nikolas Chasser-Skilbeck use de la vidéo comme langage générique, avec son image-durée, de l’ordre du film, qui emprunte au monde son continuum, le plan. Tout en même temps, avec sa caméra patiente, par le rythme comme par la nature de l’image, il retrouve cette forme dont la peinture a si bien su se servir, au point d’en faire une unité un outil de la perception et de la connaissance sensible, le tableau. Au contraire du flux perceptif de nos sensations, débordant, en extension permanente, ce flux dont le film semble donner un équivalent, le tableau forme un monde délimité, contenu, stable, souvent inscrit dans l’espace fixe du cadre, même si l’histoire de l’art est faite de tentatives permanentes pour échapper à la trivialité de cette clôture. Nikolas Chasser-Skilbeck emprunte aussi à une autre partie de la mémoire du tableau, celle que remplit la peinture, cette surface d’artifice raffiné, qui fait passer de la matière à l’image. En bonne connaissance et maîtrise des techniques de l’image d’aujourd’hui, tout en résistant cependant à sa première efficacité descriptive, il propose un imaginaire singulier, une invitation à partager sa propre temporalité, souvent au travers de la projection, et même de la projection à très grande échelle, plus proche de la méditation, de la rêverie, pour toucher ce qu’il revendique, une “étrangeté  poétique”. Une sensation qu’il fait naître pourtant d’un rapport au monde très concret.

 

Le travail de l’artiste commence là, dans une saisie du monde commun, qu’il rend au spectateur transformée. Le détail, le mouvement, un objet, un fragment de paysage, déplacés, agrandis, déplacés, accompagnés des sonorités parfois secrètes des choses, en pleine conscience que nos images se font aussi de tant d’images vues, par exemple celles du cinéma. Avec une attention portée sur tous les moments qui font l’image, en réfléchissant tout particulièrement cette dimension de l’adresse au spectateur, au travers de dispositifs précis, Nikolas Chasser-Skilbeck touche par sa voix singulière cette sensibilité intermédiaire que l